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Foulards, malas, voyages et autres

Le nomade relatif et le nomade absolu

L’expression «nomade digital», qui n’a jamais été aussi populaire, me dérange beaucoup.

Le nomadisme dans le sens conventionnel et relatif, c’est vivre sans domicile fixe et se déplacer au fil des saisons ou selon les besoins économiques.

Ce nomade digital n’est nomade que relativement à la vie sédentaire de la majorité. Son mode de vie est pourtant attaché, ou «fixé» par beaucoup d’autres éléments; une vie excitante, la supposée liberté du soi, le travail en milieu qui évoque tous les jours les vacances, exotiques, en économisant pour mieux enfler son capital pour pouvoir s’établir dans le confort, plus tard.

Le nomade absolu n'est pas un voyageur à long terme ou celui qui pour son travail ou son plaisir doit se déplacer beaucoup. Le nomade absolu, c'est celui qui vit sans lien à quoi que ce soit, sans lieu de résidence, sans terre, sans sentiment d'appartenance à une patrie, une communauté.

Le nomadisme n'est pas non plus synonyme de liberté. La notion de liberté implique un attachement intense au sens du soi et demeurera toujours relative. La vraie liberté s’atteint lorsqu’on renonce à soi, au statut social qui nous offre sécurité et fierté.

La règle d'or c'est l'abandon, le détachement

On ne parle pas ici du détachement forcé et douloureux des objets ou des aspirations matérielles, mais bien du détachement de l'envie de ces objets et aspirations. L'appréciation du confort physique et des acquis tangibles, on ne la perd jamais. Mais ces acquis tangibles ne me manquent pas quand ils n'y sont pas. 

En profiter quand elles nous croisent dans nos vies, et les laisser partir quand vient le temps. Sans regret, sans regarder en arrière. Et regarder devant sans chercher, sans attente.

Ne pas vouloir, ni vouloir vouloir, ni vouloir ne pas vouloir. En d'autres mots, l'état de renoncement.

Et en ce qui concerne le «nomadisme digital», il prend tout son sens quand le but n’est pas «gagner sa vie en vacances perpétuelle» mais bien de soutenir la vie nomade.

Demeurer productif sans compromettre l’état de plénitude.

Accepter aussi qu’il faille maintenir la routine, peu importe l’adversité. Travailler dans un train en mouvement, dans des gares infestes et bruyantes, au milieu d'une foule qui vient observer se qu'on fait sur un iPad parce qu'il n'y a plus d'électricité pour l'ordinateur, enveloppé sous plusieurs couvertures parce qu'il faut trop froid, immobilisé par une chaleur étouffante.

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