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Rue marchande à New Delhi

Conseils pour maximiser son expérience dans les boutiques et bazars en Inde

La plupart des voyageurs étrangers qui s’aventurent en Inde, vivent une expérience douce-amère dans les bazars. La variété des produits est extraordinaire, les couleurs, les sons et les odeurs enivrantes. À l’instar des marchés d’Afrique du Nord, les vendeurs sont insistants et la négociation est de mise. 

Personnellement, je supporte mal devoir négocier un prix. Je préfère faire confiance. Si le prix semble ridiculement élevé, je quitte et je vais voir le voisin. Même si le marchand me suit en hurlant son nouveau prix plus raisonnable, il a déjà retiré l’essentiel dans la transaction; le lien de confiance.

Donc ici je ne parlerai pas de l’art du marchandage. Il y a déjà de nombreux articles là-dessus. 

Je vais plutôt faire part d’un autre malaise, celui qui oppose nos attentes sur les relations basées sur la confiance, et celles des Indiens qui savent que c’est important pour nous.

Voici donc quelques humbles conseils pour vous aider à établir ce premier contact. N’oubliez pas, avant tout faites vos recherches sur les produits qui vous intéressent. Allez voir les Emporiums (magasins gouvernementaux pour chaque état avec prix fixe), visiter les artisans si possibles, connaissez l’industrie. 

Douter sans contredire

Mentir ou répondre n’importe quoi pour ne pas avouer qu’il ignore la réponse, est normal en Inde. Cela s’applique même lorsqu’on demande une direction. L’Indien ne veut pas perdre la face en disant qu’il ne sait pas. Le marchand en toute bonne fois mentira sur l’origine, la composition et l’historique du produit. C’est souvent en toute bonne fois, parce qu’il ne le sait pas ou c’est ce que son fournisseur ou patron lui a dit. Ce peut être aussi un mensonge délibéré. 

Donc inutile d’être sur la défensive et de confronter le marchand. Il faut juste écouter ses histoires, poser des questions sans contredire ses réponses, même si on sait qu’elles sont fausses.  

Vendeur de faux pashminas

Douter encore

Dans la boutique, on n’est jamais certain avec qui on fait affaire et ne pas se fier aux apparences.  On peut parler à un employé à commission comme au propriétaire, mais on ne le saura pas car les deux prétendront faire partie de la famille et être propriétaire de plusieurs boutiques. 

Parfois c’est vrai. La boutique sur laquelle on est tombée, est effectivement le fournisseur unique de toutes les boutiques environnantes! 

Mais c’est très rare d’avoir cette chance. Les boutiques s’inspirent de leurs voisins, en utilisant les mêmes techniques de vente, la même décoration, les mêmes produits et imiteront même les affiches de celles qui ont le plus de succès. Les résultats peuvent même être risibles, lorsque même les fautes d’ortographe sont copiées. 

Vous avez une bonne adresse, recommandé par votre hôtel ou un ami local de confiance? Difficile dans ces conditions de trouver la boutique convoitée quand tous les étalages sont identiques et qu’il n’y pas vraiment de numéro civique.

Écouter, et douter encore plus

Peu importe la boutique ou le statut de l’employé, peu importe qu’il s’agisse d’un étal de rue ou d’un magasin bien établis, Indiens qui travaillent dans le milieu de la vente rêvent de faire affaire avec les étrangers. 

Cela complique la situation quand on souhaite évaluer davantage la pertinence d’un lien d’affaire avec un vendeur qui nous plait. Le moindrement qu’on laisse savoir nos intentions,  les vendeurs prétendent presque toujours être grossistes et posséder leur propre usine ou atelier de fabrication. Sinon, c’est bien sûr une usine appartenant à un oncle quelconque. 

Alors comme j’ai conseillé plus haut, il faut continuer à approuver et avoir l’air impressionné. C’est inutile de discuter. 

Cette échope pourrait bien appartenir à un distributeur important!

Être vigilant

La trahison est une pratique commune et anticipée dans le monde des affaires en Inde. La méfiance règne. C’est un aspect dur et impitoyable. La solidarité et la loyauté basée sur des liens strictement d’affaires et non familiales, ne sont pas très courants.  Le gain personnel immédiat étant plus important, un employé n’hésitera pas à s’approprier des clients potentiels et transiger directement avec eux en négligeant la hiérarchie corporative déjà en place. 

Donc faire attention aux histoires et offres des employés et "garçons de service" qui trouveraient en vous une opportunité de sorti de leur condition de salarié, par exemple comme dans une offre de partenariat. Ces offres tombent même pour les touristes qui ne cherchent pas à acheter en vrac. Certains vendeurs insisteront sur l’occasion d’affaires, raconteront des histoires rocambolesques de clients fictifs qui ont fait des affaires en or avec leurs produits en Europe. Vous êtes vraiment un entrepreneur? Vous choisirez votre partenaire, et non le contraire.

Boutique de produits artisanaux en Inde

Afficher une grande confiance

On a donc trouvé la bonne boutique, le bon vendeur et les bons produits. Malheureusement il ne faut continuer à se méfier. Sans tomber dans l’hypocrisie, vaut mieux faire comme les Indiens dans le monde des affaires. Si on ne veut pas mentir, au moins en dire le moins possible pour pas que notre ignorance ou manque de ressources nous trahissent, et surtout ne pas montrer un seul signe de faiblesse. 

C’est l’art de laisser entendre subtilement qu'on a un grand pouvoir d'achat, sans le dire. Ce conseil s’applique autant pour l’entrepreneur à l’affut de fournisseur qu’au voyageur qui cherche juste à ramener chez lui un produit authentique. 

La confiance en soi, sans l’arrogance, donne des résultats surprenants. Le visiteur Occidental qui “semble” chercher des contacts d’affaire et qui indique une certaine attirance vers des produits de qualité, reçoit toujours un niveau de déférence et de respect important.  

C'est l'heure du thé! Tradition inséparable de toutes transactions commerciales en Inde

Sourire 

Quand on est bien préparé, on se détend et on profite de l’ambiance agréable des rencontres d’affaires avec les vendeurs. Certaines barrières tombent, on se fait offrir un prix encore plus bas, et bien sûr on est invité à célébrer avec un thé et peut-être même un repas. 

 Le temps n’existe plus, rien ne presse, et le milieu contraignant décrit plus haut devient pour l’acheteur occidental un avantage, celui de pouvoir observer à loisir les produits et tout ce qui se passe dans l’entreprise.

Mais ne pas oublier; sourire, être patient et toujours approuver. Sourire encore. Et biaisé la vérité un tout petit peu, en en révélant le moins possible sur soi.

Dans une boutique de foulards

 

 

Nos produits sont envoyés de Montréal, Qc, Canada

Nous n'avons pas de boutique sur rue. Mais nous présentons nos produits dans des foires artisanales (après la pandémie).

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